Derniers
jours en Alsace
Le
dernier mois dans le village ou j'aurais séjourné près de 20 ans, aura
sans doute été le plus stressant de ma vie. Les journées de plus de 15h
d'activité étaient courantes; il fallait penser à tout, se mettre en
règle avec les administrations, démonter les meubles, emballer les
affaires dans les cartons, vider au maximum la maison et planifier le
voyage, l'intégration en Bulgarie, prendre congé de la famille et des
amis etc. Un travail titanesque ou certains m'auront donné un
appréciable coup de main, d'autres une parole d'encouragement, de soutien
moral; Avec quelques amis, Werner, Gérard, Hans-Georg, Sylvain, Bernard
(ge gauche à droite sur l'image)

Le
chargement du véhicule de déménagement fut très rapide et efficace
Le
voyage Européen
France
(Alsace) - Allemagne - Autriche - Italie - Grèce - Bulgarie
Le
Master de 12m3 chargé jusqu'au dernier centimètre de mobilier, démonté
ou non, de cartons etc, et conduit par les deux vaillants
chauffeurs-aventuriers, Gérard (à gauche sur l'image) et Hans-Georg

a
pris la route le mardi 23 juillet 2002 à 22h; j'avais mis pour toujours
la clé sous la porte de ma maison; un geste symbolique très fort; 12
heures plus tard, après un voyage de 1100 kms, le port d'Ancona au Nord
de l'Italie était atteint. Après le check-in, une brève visite du port,
ce fut l'embarquement à bord du gigantesque et luxueux ferry "Europa
Palace"; quelques centaines de véhicules (voitures, caravanes,
bateaux de plaisances, semi-remorques, motos etc) défilèrent durant plus
d'une heure et demi pour remplir les 3 ponts garage immenses; les ports de
destination étaient Igoumenitsa et Patras en Grèce. Ayant rejoint le
pont supérieur (7ème pont) nous avons pu admirer le luxe et
le super équipement du ferry; son état général d'entretien impeccable.
Piscine,

salle de
jeu, casino, cinéma, bar disco, restaurant self-service, salle internet
etc; rien ne manquait et tout cela avec moquettes, cuivres, miroirs,
lustres, personnel tiré à quatre épingles. Voulant profiter au maximum
de l'air pur marin, du coucher de soleil sur l'Adriatique, les 3
aventuriers ont préféré, après un bon repas, dormir sur le pont dans
leurs sacs de couchage, abrité de la pluie. L'air frais du large
caressait nos visages parfois rafraîchis par des embruns vivifiants. Tout
autour de nous, beaucoup d'autres passagers dormaient aussi "à la
belle étoile". Au petit matin, les côtes Albanaises étaient en vue
et bientôt ce furent celles de la Grèce avec ses montagnes en toile de
fond. On atteindra Igoumenitsa sous une faible pluie; nous qui nous
attendions à rentrer dans une fournaise Grecque, on était un peu
désabusé. Le débarquement, comme l'embarquement dureront plus d'une
heure puis, de retour sur la terre ferme après une épopée mémorable de
plus de 15h, très vite nous abordons la montagne; des cols à plus de
1700m, des routes sinueuses interminables, souvent dans un état douteux,
croisant des camions surchargés, renversés sur les bas-cotés; nos
freins étaient très sollicités ! Tout cela sur plus de 400 kms avant de
trouver des routes nationales ou des "autoroutes". Près de
Thessaloniki, un rapide plongeon dans les eaux chaudes de la mer Egée,
avant de rallier, à Kulata, la frontière Greco-Bulgare. Mon épouse et
un couple d'amis nous y attendaient avec grande impatience pour nous
servir d'interprète. Muni d'un dossier bien ficelé et avec l'aide de mes
amis, nous avons passé toutes les formalités sans problèmes..
A 22h,
48h (dont 15h de ferry) après le départ d'Alsace et 1800 kms de route,
Sofia était atteinte, notre appartement en vue. Nous étions heureux du
bon dénouement de ce voyage qui laissera de multiples souvenirs dans nos
têtes. A aucun moment nous n'avons souffert de la chaleur ce qui était
aussi très appréciable.
Le
lendemain, grâce à quelques jeunes étudiants Bulgares, le déchargement
fut rapide et très efficace. Après une brève visite de Sofia (ville de
plus de 1100000 ha) et des environs, une découverte de la gastronomie
bulgare, riche et variée, de quelques particularités et contrastes
Est-Ouest, les deux chauffeurs reprirent le chemin de la France, au
travers de la Yougoslavie. Contrôles minutieux à chaque frontière
(serbe, croate, slovène), furent leurs seuls tracas. Finalement,
26h plus tard, ils étaient de retour sur le sol Alsacien.
Premières
semaines à Sofia
Le
lendemain de leur départ, livré à moi-même, mais en compagnie de mon
épouse Vesselina originaire de Sofia, ma
vie Bulgare débuta. Quelques rapides démarches administratives avant de
nous attaquer avec plein de courage au remontage des meubles, au
déballage des cartons; bref, nous avons nettoyé, aménagé, disposé,
décoré à notre goût et, 10 jours plus tard, tout (ou presque) était
en place. L'outillage et les multiples accessoires ramenés de France,
furent d'un secours inestimable. Tout cadrait à merveille. Nous n'eûmes
que très peu de mobilier ou appareils à acheter. Très vite, cuisine,
salon-coin repas, chambre à coucher, salle de bain furent remplis et
devinrent opérationnels; nous pouvions enfin souffler.
Au
travers de ces achats, de ces contacts avec la population, les
administrations (mairie,
police, banque…), la grande ville, ses transports, ses petits et grands
commerces, j'ai pu noter de singulières et souvent importantes
différences avec l'Ouest, la France plus précisément. Ces différences,
parfois aussi ses ressemblances, ces particularités, ces contrastes, tout
ce qui fait le charme de ce pays Balkanique par rapport aux autres pays de
l'Europe de l'Ouest, pourront être consulté dans les pages
"La Bulgarie
autrement" ou
"les points
forts de la Bulgarie"
du menu principal.
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